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INRIA : Michel Cosnard, dégage !

mercredi, juillet 10th, 2013

Le 3 juillet 2013, le projet de loi ESR, pour l’enseignement supérieur et la recherche, était adopté par le Sénat, avec comme article 6 II concernant le Code de l’éducation :

– L’article L. 123-4-1 du même code est ainsi rétabli:
« Art. L. 123-4-1. – Le service public de l’enseignement supérieur met à disposition de ses usagers des services et des ressources pédagogiques numériques.
« Les logiciels libres sont utilisés en priorité. »

Le même jour, une lettre signée conjointement par :

était adressée à Madame Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, dénonçant l’article 6 de la loi comme étant dangereux et discriminatoire.

Cette lettre de lobbying des éditeurs de logiciels propriétaires ne laissa pas sans réaction la communauté du libre, surtout avec le spectre d’une deuxième défaite, après celle enregistrée sur la loi pour la refondation de l’école de la République, et le 4 juillet 2013, l’AFUL publiait une lettre ouverte à la ministre.

De plus, le 7 juillet 2013, François Pellegrini, chercheur au sein d’une équipe commune INRIA-LaBRI, fait part de sa surprise et de sa consternation sur son blog. Et le 8 juillet 2013, une réponse des personnels de l’INRIA était signée par 79 directeurs de recherche, chargés de recherche, ingénieurs de recherche et doctorants de l’institut, dénonçant la prise de position de leur P.D.G., faite sans aucune concertation en interne, et s’en désolidarisant.

Le 9 juillet 2013, c’est l’Assemblée nationale qui votait la loi, l’article 6 étant renommé article 9, mais heureusement sans aucune modification.

Le problème de la « lettre de la honte » du 3 juillet, ce n’est pas qu’elle soit signée par Jamel Labed et Guy Mamou-Maani, qui défendent leurs intérêts d’éditeur de médiocres logiciels propriétaires, c’est qu’elle le soit de la main de Michel Cosnard, président de l’INRIA.

Ah non suis-je bête, ce n’est plus l’INRIA, acronyme d’Institut national de recherche en informatique et en automatique, mais Inria, une marque, un nom marketing sans signification mais qui sonne bien. Voilà le genre de grandes décisions pour la recherche qui sont prises sous la direction de Michel Crosnard.

Michel Cosnard est P.D.G. (soit dit en passant ce titre fait plus penser à la direction d’une grande entreprise qu’à celle d’un institut de recherche…) de l’INRIA, et à ce titre il a signé de nombreux accords avec Microsoft, le symbole historique de la nullité des logiciels propriétaires, avec en particulier  l’ouverture d’un laboratoire de recherche commun… de qui se moque-t-on ? La seule motivation est l’argent. Cela n’est plus supportable, cela a assez duré.

INRIA Microsoft

Il n’est pas un endroit dans la société où le logiciel propriétaire soit plus illégitime que dans dans la recherche, il n’est pas un endroit dans la société où le logiciel propriétaire soit plus inutile que dans l’enseignement.

Le président d’un institut de recherche qui signe une lettre comme celle du 3 juillet se décrédibilise définitivement, et, s’il a un minimum d’élégance, il se doit de démissionner de lui-même, surtout compte tenu de la fronde qu’il a provoquée en interne ; sinon il doit être viré.

Éthique des Logiciels Libres

mardi, février 15th, 2011

Entre les représentants de Wikimédia France qui, au regard de leurs déclarations, semblent confondre licence Creative Commons BY-SA et licence Creative Commons BY (heureusement que l’avis de cette association n’engage pas celui de Wikimedia Foundation), un co-développeur de txt2tags qui voulait rediffuser sous licence BSD ce logiciel publié sous licence GNU GPL, ou encore Maître Eolas qui s’aventure sur des terrains juridiques qui lui sont inconnus, pour au final un médiocre non-raisonnement qui relève uniquement de la « foi » : il ne croit pas que les licences virales existent… Je ne peux que constater que les principes fondamentaux des logiciels libres, et en particulier le Copyleft, sont mal compris, y compris par des personnes qui prétendent les défendre.

Pour remédier à cela, voici l’Éthique des Logiciels Libres, une brochure dans laquelle j’ai réuni les traductions françaises des textes fondateurs des concepts du logiciel libre, écrits par Richard M. Stallman et Eben Moglen. J’espère en effet qu’une meilleure diffusion de ces textes permettra de combattre les incompréhensions actuelles.

De plus, je voudrais le dire clairement ici, oui les logiciels libres ont une motivation politique de transformation -et même de révolution- sociale. Si vous avez peur de passer pour un anarchiste, lisez L’anarchisme triomphant : le logiciel libre et la mort du copyright, si vous avez peur de passer pour un communiste, lisez  Le Manifeste du Point-Communiste, et vous verrez qu’Eben Moglen, lui, n’a pas peur (et pourtant il est américain, et pourtant il est avocat…). Si le simple fait d’être de gauche vous gêne, sachez que Jimmy Wales, le fondateur de Wikipédia, est un libertarien notoire, c’est-à-dire qu’il serait politiquement classifié en France comme d’extrême-droite.

Grâce à la différenciation sémantique que Jean-Fabien Spitz, spécialiste de Locke et du libéralisme politique, utilise pour expliquer les revirements de la jurisprudence sur la Liberté de la Cour suprême des États-Unis, on peut dire que les licences permissives honorent la Liberté, quand les licences à Copyleft la promeuvent. À titre personnel, tenant du volontarisme en politique, il y a bien longtemps que j’ai choisi de promouvoir la Liberté.

Apple, la honte !

mardi, juillet 27th, 2010

Un point rapide sur ce qu’il est convenu d’appeler « l’Antennagate », en référence au scandale du Watergate qui obligea le président des États-Unis Richard Nixon à démissionner en 1974.

Apple a fourni d’excellents et très innovants smartphones appelés iPhone. La dernière version, l’iPhone 4, a un gros problème : l’antenne externe positionnée en bas à gauche, à l’endroit où l’on pose ses doigts quand on tient le téléphone, est mal isolée, et la réception se retrouve donc exécrable à partir du moment où l’on prend l’iPhone en main pour téléphoner.

Ceci ne serait pas impardonnable si Apple ne s’était lancé dans une incroyable entreprise de lavage de cerveau planétaire.

Toutes les dénégations en sept étapes :

  1. Les vrai-faux mails de Steve Jobs, insultants à l’encontre des personnes ne sachant pas tenir correctement leur téléphone.
  2. Le 3 juillet, une lettre d’enfumage en règle.
  3. Le 15 juillet, une update iOS 4.0.1 (anciennement iPhone OS), avec pour seule modification de résoudre le problème, en changeant l’algorithme de calcul du nombre de barres représentant la qualité du signal reçu. Près de 600 Mo !!!! juste pour afficher n-2 barres de réception (pour Apple ils ont pondu un algorithme incroyable, Knuth en rigole encore).
  4. Le 16 juillet, un Keynote avec Steve Jobs himself pour amuser la galerie.
  5. Une liste de délation des concurrents censés être aussi mauvais qu’Apple.
  6. La révélation des salles de test (les photos sont belles, avec un vrai côté science-fiction) et des 100 Millions de dollars investis pour tester les antennes de l’iPhone en fonctionnement.
  7. La distribution gratuite d’un « bumper« , une coque de protection, permettant d’empêcher un dysfonctionnement qui n’existe pourtant pas selon Apple.

Apple, capable d’excellentes choses en design et en ergonomie, mais aussi en ingénierie logicielle, se révèle ici totalement incapable de reconnaître une erreur, pourtant évidente et constatée par tous. Elle a choisi de faire disparaître les symptômes, de manière ridicule, en transformant l’iPhone en détecteur de relais GSM hyper-précis, par une update logicielle minable même pour une SSII française (et dans ma bouche ce n’est pas peu dire !).

De plus le problème était en fait connu par Apple, qui pour la première fois commercialise elle-même des bumpers de protection pour l’iPhone. Apple a simplement refusé de changer son modéle, malgré son important défaut, car elle sait que de toute manière des millions de pigeons achèteront son iPhone, même si téléphoner avec devient une gageure.

Des millions de personnes qui adhèrent aux mensonges du grand maître Steve Jobs, le suivant tel, au mieux, le gourou d’un secte, au pire, les fanatiques d’un état fasciste.

Se battre pour le logiciel libre c’était aussi se battre contre Micro$oft. Il faut bien comprendre maintenant qu’Apple, qui dépasse ce dernier en terme de capitalisation boursière depuis la fin mai 2010, est aujourd’hui un adversaire au moins aussi important à combattre.

La Free Software Foundation l’a compris depuis longtemps, qui mène depuis 2006 la campagne DefectiveByDesign.org. Oui nous avons tous dit plein de mal de cet horrible Windows, qui était techniquement nul, buggé, plein de virus et de backdoors des agences de renseignement gouvernementales. Il est temps de ne plus faire aucune concession à Apple et ses iBidules (iPhone, iPad, etc.). Nous avons une alternative beaucoup plus évidente qu’à l’époque où nous devions comparer des distributions GNU/Linux encore très jeunes à Windows, nous avons Android et webOS qui sont au moins aussi bien qu’iOS, et sur certains points nettement supérieurs.

L’avenir de l’informatique se joue aujourd’hui, faisons tout pour que la Liberté l’emporte sur le pouvoir Séparé.