Qt dans Ubuntu ! Des morts à venir ?

Cela bouge énormément au niveau du desktop de la distribution GNU/Linux orientée desktop la plus connue et la plus utilisée, j’ai nommé Ubuntu, bien sûr basée sur Debian. Et ce qui se passe pourrait transformer radicalement le paysage du logiciel libre pour le bureau de l’utilisateur final.

L’abandon de GNOME pour Unity, puis la volonté de s’émanciper à moyen terme de Xorg pour aller vers Wayland, étaient déjà des annonces retentissantes. Deux grandes nouvelles sont venues s’y ajouter en ce début d’année. Des annonces concernant l’un des plus grands trolls de l’histoire du logiciel libre, le grand combat des jeux de widgets Qt VS GTK.

En effet, en tant que distribution GNOME, Ubuntu avait l’ensemble de sa stack graphique basée sur GTK et les technologies dérivées. C’est Kubuntu, distribution KDE officiellement supportée, qui intégrait Qt. Or, dans les prochaines versions d’Ubuntu, cet équilibre qui semblait à la fois si stable et si évident va littéralement voler en éclats.

Unity 2D

Le 13 janvier c’est Bill Filler qui annonçait Unity 2D, un clone de l’interface Unity ne nécessitant pas d’accélération 3D et se basant sur Qt. La problématique est très importante, car Ubuntu ne peut se permettre avec son Unity 3D de tourner le dos aux machines du passé, qui peuvent ne pas avoir les capacités graphiques nécessaires mais continuent malgré tout de fonctionner, et surtout aux machines de l’avenir, qui seront de plus en plus basées sur des processeurs ARM et donc souvent dénuées de chip 3D ou de drivers libres.

Ce problème avait déjà été réglé par Canonical qui fournit depuis Ubuntu 10.04 une version 2D d’Ubuntu Netbook Edition. Cette dernière repose sur les EFL, pour Enlightenment Foundation Libraries, connues pour proposer de belles et rapides fonctionnalités graphiques sans accélération 3D. Je peux d’ailleurs témoigner de la qualité de l’ensemble, puisque c’est ce qu’utilise ma sœur sur son Toshiba AC100.

Une infidélité avec les EFL pour l’interface d’une distribution GNOME passe encore, mais avec Qt ! Ne manquait plus que les applications…

Applications Qt

Le 18 janvier c’est Mark Shuttleworth en personne qui annonçait que de la place sera réservée pour Qt sur le CD de Natty+1, c’est-à-dire Ubuntu 11.10, et que toute application se basant dessus se trouvait donc désormais en position d’intégrer Ubuntu. Des applications ne se trouveront donc plus exclues du simple fait de leur bibliothèque graphique, et la sélection ne se fera donc plus que sur leurs qualités intrinsèques. Présenté ainsi, cela paraît difficilement contestable du point de vue de l’ingénierie logicielle.

En fait c’est un secret de Polichinelle que GTK a toujours été techniquement inférieure, ou au moins en retard sur Qt. Qt qui de plus a toujours été parfaitement multiplateforme (X11, MacOS X et Windows), alors que GTK a mis du temps à fonctionner sous Windows et n’a jamais supporté MacOS X en natif. Qt qui est basée sur C++, alors que GTK est basée sur C, avec un modèle objet parfait pour un programmeur assembleur, mais peu convainquant pour un programmeur Eiffel. Pour un programmeur Python, le fait de ne pas pouvoir faire d’héritage multiple est une limitation qui parle, encore plus quand on lui ajoute l’argumentaire “it’s not a bug, it’s a feature”.

Alors pourquoi tant de développeurs du libre, y compris moi, utilisent-ils GTK plutôt que Qt ? La raison qui a poussé à l’adoption de GTK a été d’abord l’éthique, puisque Qt n’était pas libre. Ensuite, la nature multiplateforme de Qt qui fournissait bien plus de technologies qu’un simple toolkit graphique a plutôt joué en sa défaveur, alors que GTK s’intégrait beaucoup mieux avec les autres technologies libres développées pour Linux, ce qui l’a fait peu ou prou apparaître comme la bibliothèque graphique native de ce système.

Pourquoi Qt maintenant ?

Oui mais voilà, Canonical veut faire des choix radicaux et forts motivés par l’excellence technique. Il  faut bien reconnaître qu’une distribution Linux desktop qui envisage sans frémir d’abandonner X11, et presque 30 années d’histoire de l’affichage graphique pour Unix, peut bien changer de toolkit.

QML, un langage déclaratif de description d’interface graphique proche de JavaFX, c’est-à-dire avec une syntaxe qui N’est PAS du XML mais du JavaScript et de nombreuses fonctionnalités graphiques modernes comme les animations, est l’argument technique majeur avancé. Ainsi toute l’interface d’Unity 2D est-elle écrite en QML.

Le fait qu’une grande entreprise aussi riche que Nokia mette toute sa puissance, et ses nombreux développeurs payés à plein temps, derrière Qt qu’elle a racheté en 2008 pour plus de 100 millions d’euros, est aussi un élément qui doit beaucoup peser du côté de Canonical.

To the good folks at Trolltech, now Nokia, who have made Qt a great toolkit – thank you.

L’ergonomie en question

Je ne peux que constater depuis des années la piètre qualité de l’ergonomie générale (cohérence de l’interface, consistance des actions, stabilité entre les versions, design, etc.) des principaux bureaux libres que sont GNOME et KDE, à tel point que bien que plus fonctionnels, je les considère toujours comme inférieurs à Window Maker, un clone de NeXTSTEP, l’ancêtre de MacOS X.

La première explication de cette situation est le fait que les excellents développeurs que sont ceux du logiciel libre sont rarement aussi de bon ergonomes ou de bons designers (pour ceux ne se limitant pas volontairement à la CLI). La seconde explication est que le modèle décentralisé où chacun peut apporter ses idées et améliorer celles des autres, si efficace pour développer des logiciels toujours plus inventifs et innovants, ne l’est plus du tout quand il s’agit de créer une interface graphique cohérente.

Mark Shuttleworth s’est désigné volontaire pour jouer le rôle du salaud autoritaire fascisant que Steve Jobs tient avec succès chez Apple depuis toujours, et je pense qu’il a raison. Ainsi la première chose que j’ai remarqué en testant Unity, c’est que je ne pouvais pas mettre le dock à droite, ce qui en tant que droitier est réellement problématique pour moi. Ce bug dont au moins 20 autres personnes semblent déjà souffrir, a été marqué comme “wontfix” par Shuttleworth car il veut absolument que le dock soit proche du bouton Ubuntu ! C’est horrible, c’est nazi, mais ça se tient. Et personnellement, quand on voit le résultat global d’Unity, on est déjà bien loin devant GNOME et KDE en terme d’ergonomie (j’y reviendrai plus longuement dans un autre article).

Des morts à venir ?

Je pense que cet effort de réunir tous les meilleurs logiciels libres, quelles que soient leurs technologies, dans Ubuntu, va inéluctablement amener à la disparition de ses dérivés officiels Kubuntu et Xubuntu (basé sur Xfce).

Si l’on est conscient de la place prédominante qu’occupe aujourd’hui Ubuntu parmi les distributions orientées desktop, et si Shuttleworth réussit son coup avec Unity, on peut même légitimement se poser la question de la pérennité des projets GNOME et KDE.

GNOME me paraît le plus en danger, au moins au sens où on l’entend aujourd’hui comme bureau graphique, puisque Shuttleworth l’envisage plutôt comme l’ensemble des bibliothèques non-graphiques, et ose même un surréaliste :

Perhaps GNOME itself will embrace Qt

qui démontre sans équivoque le peu de crédit qu’il porte à GTK. De plus la prochaine version du bureau GNOME, nommée GNOME shell, utilisera Mutter et Clutter, qu’Unity a déjà abandonnés en faveur de Compiz et Nux (un nouveau toolkit graphique 100% OpenGL) car étant à la fois trop lents et trop buggés.

Et si le duo Compiz/Nux ne se montrait finalement pas à la hauteur… Unity 2D pourrait tout aussi bien se transformer en Unity 3D avec le prochain SceneGraph. Et comme en plus Qt est la première bibliothèque graphique à peu près portée sur Wayland

Mais il ne faut pas s’y tromper, adopter Qt ne semble pas du tout vouloir dire switcher vers KDE :

I’d draw a distinction between “Qt” and “KDE” in the obvious places.

Paradoxalement, l’adoption généralisée de son toolkit pourrait bien quand même marquer la fin de KDE, puisqu’un développeur censé voudra logiquement utiliser Qt, mais aucune dépendance particulière à KDE qui empêcherait l’intégration de son application dans Ubuntu.

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31 Responses to “Qt dans Ubuntu ! Des morts à venir ?”

  1. Thomas says:

    As tu réellement utilisé Unity2D comme environnement de bureau au quotidien? Après l’avoir installé sur mon EeePc via la distribution Ubuntu Netbook Edition 10.11, j’ai vite déchanté de pars sa lenteur et son ergonomie douteuse.

    • fgallaire says:

      Le Toshiba AC100 a un processeur ARM Tegra avec 450 Mo et UNE-EFL (pas Unity 2D que je n’ai pas testé) marche très bien dessus. Même si bien sûr il prend beaucoup plus de mémoire que WindowMaker ou WMII, il fournit en contrepartie des effets graphiques beaucoup plus jolis et évolués qu’eux. Ergonomiquement oui c’est excellent, j’en reparlerai.

    • seb24 says:

      Oui totalement. La première version présente dans UNE fonctionne assez mal. Et ca justifie justement la migration vers Compiz + Nux dont parle l’article. Pour avoir testé les deux c’est la jour et la nuit ;)

  2. korbe says:

    Gnome ne risque absolument rien. Il faudrait que les fans d’Ubuntu arrêtent de croire qu’ils sont seul au monde. Si Canonical impose sa solution à la place du choix de Gnome, Gnome ne va pas perdre la totalité de ses utilisateur. Ce serai très prétentieux de prétendre le contraire. Quand aux contributions à Gnome, que Canonical arrête on y verra pas de grosses différences.

    La majotiré des bonnes fonctionnalités d’ubuntu venaient du projet Gnome et/ou Fedora et depuis que Canonical y vas en “cavalier seul” pour les nouvelles fonctionalités vous avez que des trucs pourris: Un store, Unity, Ubuntu One, etc…

    • fgallaire says:

      C’est une tautologie de dire que les bonnes fonctionnalités d’Ubuntu venaient de GNOME…puisqu’Ubuntu utilisait exclusivement GNOME !!
      GNOME ne verra pas la différence en terme de contribution ? peut-être, mais en nombre d’utilisateurs ? Et même avec toutes les contributions de Red Hat (qui ne fournit que des solutions serveurs) possibles, GNOME ne deviendra pas bon (sinon pourquoi ne l’est-il pas déjà depuis de années ?).
      Le store et Ubuntu One je ne ne connais pas, mais ça me semble clairement hors de propos. Par contre Unity est excellent, bien que très jeune. Par ailleurs je pense qu’il ne restera pas réservé à Ubuntu très longtemps, mais qu’au contraire il va se répandre comme une trainée de poudre dans les autres distributions.

      • korbe says:

        Bof. Unity c’est juste un top panel à la mac os et un doc, à la mac os, mis sur le coté. Ça n’apporte rien. Gnome-Shell et parcontre bien plus intéressant.

        «C’est une tautologie de dire que les bonnes fonctionnalités d’Ubuntu venaient de GNOME…puisqu’Ubuntu utilisait exclusivement GNOME !!»

        Tu sous entends que ceux hors Ubuntu ont eu des bonnes idées uniquement par ce qu’Ubuntu utilise Gnome? Tu crois qu’Ubuntu à une aura magique?

        «Et même avec toutes les contributions de Red Hat (qui ne fournit que des solutions serveurs) possibles,»

        Je vois que ta vision se limite aux entreprises, bien, bravo. Tu passe sous silence tout les contributeurs indépendants et bénévoles. :/

        Si tu veux vraiment parler des contributions de Red Hat au projet Gnome ou à des applications compatible Gnome, on leurs doit:
        - Gnome Disck Utility.
        - Virt-Manager et LibVirt.
        - Toute la suite de logiciel system-config-*

        • fgallaire says:

          Tu vois des sous-entendus délirants à mon explication de ta tautologie qu’Ubuntu n’utilisant que GNOME, si il y des bonnes choses dans Ubuntu elles viennent forcément de GNOME. Cela n’a jamais impliqué autre chose et surtout pas les idées que tu me prêtes..

          Tu disais que la majorité des bonnes fonctionnalités d’Ubuntu venaient du projet Fedora, pardon d’avoir fait le lien avec Red Hat ! Effectivement les contributions de Red Hat à GNOME sont majeures et excellentes, sauf pour le sommet de l’iceberg : l’ergonomie du bureau. Et le sommet de l’iceberg compte aussi !

    • Plaristote says:

      J’oserais peut-être même m’aventurer à dire qu’au contraire, Gnome tire plus Canonical vers le bas que vers le haut.

      Quand ils fournissaient Gnome, j’avais toujours eu l’impression que Canonical ça devait être une équipe de deux développeurs travaillant sur deux trois applications s’intégrant dans l’environnement Gnome…
      Maintenant qu’ils tentent de s’écarter, je vois qu’il y a une réelle force de développement chez eux, en plus de ceux qui maintiennent la distribution.

  3. Guillaume says:

    “L’abandon de GNOME pour Unity”
    On l’a dit et répété Ubuntu n’abandonne pas GNOME ! Ils abandonnent seulement GNOME Shell, réduire GNOME à une shell est un peu facile je trouve…

    Qt est un excellent toolkit, je suis pour le mélange des technologies dans Ubuntu tant que celles-ci sont de bonnes qualités :)

  4. antistress says:

    Tout ça c’est bien beau, mais un bureau c’est pas juste un toolkit, il y a la cohérence apportée par la HIG.
    VLC en Qt a des boutons qui s’intègrent parfaitement dans GNOME mais l’ergonomie n’est pas celle d’une application GNOME par exemple.

    “quand on voit le résultat global d’Unity, on est déjà bien loin devant GNOME” : ça n’est pas mon avis.

    • seb24 says:

      Je pense que c’est justement le sens de la démarche annoncé par MS. Il sagit pas juste de dire : “ok on peut utiliser QT maintenant”, mais bien de faire un travail derrière pour que les aplis QT puissent s’intégrer parfaitement dans l’environnement de Gnome.

  5. korbe says:

    «Et personnellement, quand on voit le résultat global d’Unity, on est déjà bien loin devant GNOME et KDE en terme d’ergonomie (j’y reviendrai plus longuement dans un autre article).»

    hem hem hem…

    Unitiy a des années lumières de retard sur Gnome 2.XX et comparé à Gnome-Shell c’est quasiment en univers parallels qu’il faudrait compter. (j’y reviendrai plus longuement dans une autre vie)

  6. [...] [Billet initialement publié sur le blogue de Florent Gallaire] [...]

  7. olivier says:

    Qt a toujours été libre sous Linux, donc arrête de raconter des aneries. Qt peut très bien s’utiliser sans KDE. Tout comme GTK, on peut l’utiliser sans GConf (ou DConf).

    De plus Xfce n’a rien a voir avec GNOME, que GNOME se « pète la gueule », n’aura aucune conséquence sur Xfce. Canonical n’a aucun pouvoir sur les développeurs de ce projet.

    • fgallaire says:

      > Qt a toujours été libre sous Linux,
      Pour un toujours commençant en quelle année ? RMS tu connais ?
      “The design of KDE was based on a fundamental mistake: use of the Qt library, which at the time was non-free software.”
      http://linuxtoday.com/news_story.php3?ltsn=2000-09-05-001-21-OP-LF-KE
      Ça commence peut-être à être vieux, mais je ne suis pas encore sénile, et GNOME a quand même été créé spécifiquement pour cette raison !

      > Qt peut très bien s’utiliser sans KDE.
      Euh oui…c’est même le sujet de cet article.

      > De plus Xfce n’a rien a voir avec GNOME, que GNOME se « pète la gueule », n’aura aucune conséquence sur Xfce.
      Rien à voir ? à part peut-être la principale bibliothèque, GTK bien sûr ! Le propos c’est justement que GTK semble délaissée en faveur de Qt…tu vois le lien maintenant ?

  8. SaintRaph says:

    Merci pour cet excellent article

  9. dnartreb89 says:

    Intéressant ton article.

    Personnellement, ce qui me surprend:

    Ainsi la première chose que j’ai remarqué en testant Unity, c’est que je ne pouvais pas mettre le dock à droite, ce qui en tant que droitier est réellement problématique pour moi.

    il veut absolument que le dock soit proche du bouton Ubuntu ! C’est horrible, c’est nazi, mais ça se tient. Et personnellement, quand on voit le résultat global d’Unity, on est déjà bien loin devant GNOME et KDE en terme d’ergonomie

    L’ergonomie offerte par GNU/Linux à mon sens, provient de ce que je puisse modifier mon bureau à volonté selon mes besoins. Unity, tel que tu le décris semble ne pas aimer beaucoup être modifié.

    En suivant cette logique, si l’ergonomie première est ma liberté, Unity n’est donc pas plus ergonomique que Gnome ou KDE, mais te convient mieux pour toi.

    Pour moi par contre, si Ubuntu m’installe par défaut Unity, je ne compte pas passer trois plombe à déinstaller / réinstaller quelque chose qui me conviennent. Je quitte le navire Ubuntu.

    Et à mon avis, sur ce coup la, Ubuntu risque de plaire aux nouveaus venus qui débuteront avec la 11.10, mais de perdre une partie de son public qui l’utilise depuis quelques années.

    Combien d’entre vous on gardé la présentation par défaut du bureau, vu tout ce que permet GNU/Linux en terme de personnalisation?

    Si Unity limite les possibilités de personnalisation et du coup ma liberté, il èjecte, et Ubuntu avec l’eau du bain par la même occasion. ;-)

    • seb24 says:

      Ce qu’il faut voir, c’est que pour le moment l’objectif c’est d’avoir une interface solide et utilisable. Je pense que la personnalisation poussée viendra dans un second temps.

    • argh0 says:

      «Combien d’entre vous on gardé la présentation par défaut du bureau, vu tout ce que permet GNU/Linux en terme de personnalisation?»
      C’est mon cas. Je garde la configuration par défaut, en changeant juste le thème (pack d’icônes Faenza notamment) – c’est à dire que je garde les deux tableaux de bord tels quels, avec les éléments là où ils sont par défaut. Je la trouve fonctionnelle et sobre. Je pars du principe que les pros de l’ergonomie savent mieux concevoir que moi une interface, j’ai pas envie de foutre en l’air mon Ubuntu avec des ppas dans tous les sens et j’ai pas envie de perdre du temps à me faire à une nouvelle interface en sachant que je retrouverait les mêmes réflexes sur la plupart des installs de Gnome que je rencontrerait. Ok, j’ai fait joujou au début avec des docks et tout, mais j’en suis revenu et ça fait deux-trois versions où je touche à rien.

      Ceci dit Ubuntu sera installé par défaut avec les deux interfaces : Unity et Gnome classique, tu pourras choisir ton interface lors du login (tu sais, la liste déroulante en bas à droite).

  10. Zanko says:

    GTK supporte également Wayland à priori.

    En tout cas je viens de tester Unity2D, c’est pas encore utilisable au quotidien et pas franchement extraordinaire, même si pas non-plus désagréable, mais en gros ils ont fait du MacOS sauf qu’ils ont mis le dock à gauche…

    La cohérence d’un environement de bureau c’est plus qu’un panel et joli un thème graphique, c’est d’établir des choix et de s’y tenir. Ubuntu a peut-être de bonnes idées, mais à force d’aller dans toutes les directions et de prendre toutes les décisions de façon unilatérale, leurs apports dans ce domaine ne sont pas toujours positifs. Par exemple les indicators : c’est bien gentil, mais les 3/4 des applications utilisant le systray ne sont toujours pas portées et un certain nombre de fonctionnalités ont été perdues par rapport aux applets auxquelles ils succèdent.

  11. extrakings says:

    j’ai plutôt tendance a croire que gnome shell ressemble beaucoup a unity et inversement ..c’est sur qu’aujourd’hui c’est plus tentant de développer sur QT (marche sur tout les Os et sera le sdk de meego ) qui dispose quand même de libraire importante.

    Il n’empêche qu’un super desktop sans super application ca ne sert a rien ou pas grand chose et quitte ressembler a Apple il faudrait que canonical développe de filemaker /iwork/ilife /apperture /Logic studio/final cut (des logiciels que je trouve sont tres pros).

    Je pense également que si l’on veut une certaine legereté de l’os mieux vaut n’utiliser qu’ne seule biblio ou framework (pourquoi avoir du gtk + mono +qt+efl

  12. [...] This post was mentioned on Twitter by Matthieu TRAN-VAN, Debian. Debian said: Florent Gallaire: Qt dans Ubuntu ! Des morts à venir ?: Cela bouge énormément au niveau du desktop de la distrib… http://bit.ly/gHuYqW [...]

  13. Aduartico says:

    Je suis d’accord aucun Desktop ne propose – selon mes goûts propres – une interface à même de surpasser ce clone, au niveau de l’interface, de Nextstep/OpenStep qu’est le window-manager WindowMaker vieux de… je ne sais plus.
    C’est dire si comme tu le dis si bien le modèle du Bazar est mis en échec par celui de la Cathédrale lorsqu’il s’agit de l’IHM.

    Maintenant je doute qu’aussi bien qu’Unity 2D/3D tout comme Gnome-Shell puisse être le futur du bureau sous Linux ou ailleurs ;-) Pas plus que KDE.
    Ce qui n’a rien à voir avec les librairies Qt ou GTK+.

    Pour cette dernière le fait qu’Intel accompagne Nokia dans sa migration de GTK+ vers Qt dans le projet MeeGo n’a rien à voir avec la qualité supposée plus grande de l’une vis-à-vis de l’autre mais essentiellement au fait que la documentation de GTK+ n’est abslument pas au niveau des critères qu’ils jugent nécessaire. Après force avertissement ils ont suivis leur partenaire. Cet abandon marque un tournant qui devrait se révèler sauf erreur fatal.

    Pire chez Gnome.org ils ont ignoré à la fois cet avertissement d’un acteur majeur de l’informatique mais aussi celui de la majorité des utilisateurs impliqués (même s’ils ne sont pas contributeurs) de Gnome qui n’adhèrent pas des masses à Gnome-Shell.

    Pour ce qui est de la supériorité de Compiz/Nux sur Clutter/Mutter j’attends de voir. Mais j’ai un gros doute. L’histoire de compiz faisant foi…

    Disons plutôt que Clutter/Mutter stagne- ce qui est aussi l’une des raisons de la défection d’Intel – depuis la mise en avant de Gnome-Shell.
    Avec tous ces projets quasi-concurrents c’est à se demander s’il reste un pilote dans l’avion Gnome depuis que MDI s’est entiché de SilverLight ?

  14. saispo says:

    Merci pour l’article, très objectifs et très bien rédigé, je diffuse.

  15. bzhb says:

    Excellent article, qui décrypte les nouvelles tendances qui se dessinent.

    J’ajouterais quelques éléments :
    -L’importance des mobiles et de MeeGo notamment : MeeGo est un projet porté notamment par Nokia, qui contrôle aussi Qt. Une des particularité de MeeGo est d’utiliser les librairies de Gnome et d’avoir Qt comme API principale et privilégié. Il y a donc une certaine convergence entre Ubuntu et MeeGo. On peut aussi noter que le développeur principal de Wayland est employé par Intel, le second larrons derrière MeeGo, et MeeGo a été la première distribution à dire (discrètement) qu’ils utiliseraient Wayland.

    - Du coté de KDE, la tendance est à une fragmentation du projet : l’objectif n’est plus de créer un environnement de bureau, mais un ensemble de technologies et d’applications pour le pc mais aussi de plus en plus pour mobile et netbook. Il y a aussi des discussions sur la fragmentation des librairies de kde en plus petit modules. Il a même été proposé de faire de certaines librairies des librairies Qt à part entières, qui puissent être utilisé indépendamment des autres technologies de KDE.

    • fgallaire says:

      Oui, j’avais fait un article très critique lors de la création de MeeGo, parce que justement je trouvais que la fusion des deux plateformes n’était qu’un choix politique maladroit et totalement absurde techniquement.
      Comme précédent de ce type on peut parler de Novell qui avait racheté à la fois SuSE, la plus importante distribution KDE, et Ximian, la boîte de MDI qui ne faisait que du GNOME, pour un résultat en terme de synergie inexistant, puisqu’ils n’ont jamais su sur quel pied danser.

      Il semble que la route tracée par Ubuntu/Canonical et MeeGo/Nokia-Intel, de fusion technique en prenant les meilleures parties de chaque plateforme, pourrait bien rapidement rencontrer un large consensus. De toute manière il est évident qu’on ne peut pas éternellement couper en deux la force de frappe du développement libre parce que deux projets immenses font la même chose. La force du noyau Linux c’est qu’au lieu de développer HP-UX, AIX et Irix chacun de leur côté, HP, IBM et SGI ne participent plus qu’ à un seul projet qu’ils contribuent tous ensemble à améliorer.

  16. farvardin says:

    pour le coup du “won’t fix” pour proposer le choix du côté du dock, je trouve cela idiot, si quelqu’un choisit de modifier sciemment ce côté, c’est parce que de l’autre côté de l’écran, ça le dérange.
    Pour le coup ça ressemble vraiment à la mentalité d’Apple qui ne veut pas que l’on modifie “l’expérience utilisateur” de Mac OS X en faisant trop de modifications à l’interface.

    De la même manière auparavant il était possible de mettre le panel de XFCE en dessous des fenêtres. Ça a été retiré ensuite, pour mettre d’autorité ce panel au dessus. Du coup ça fait un utilisateur de ce bureau en moins…

    Bon article en tout cas, qui décrit bien l’évolution possible des bureaux du futur.

  17. [...] Florent Gallaire's Blog Free (libre) software and free (libre) culture (science and law) « Qt dans Ubuntu ! Des morts à venir ? [...]

  18. “Mark Shuttleworth s’est désigné volontaire pour jouer le rôle du salaud autoritaire fascisant que Steve Jobs tient avec succès chez Apple depuis toujours, et je pense qu’il a raison.”

    Personnellement, je trouve ça triste. Le logiciel libre n’a pas besoin d’un autre Steve Jobs. Un logiciel libre où on impose des choses n’est plus un logiciel libre. Et il me semble qu’Ubuntu commence à imposer trop de choses. Ca me fait peur et ça m’agace. L’intére de Linux est aussi dans ses multiples distributions, window managers, toolkits…

    Ceci dit, ton article est une bonne analyse de la situation. Je suis essentiellement d’accord avec toi.

  19. [...] Comme je l’avais envisagé à l’annonce d’Unity 2D, Canonical simplifie son offre logicielle pour le desktop, mais contrairement à ce que j’espérais ce n’est pas Unity qui disparaît. Pourtant, le choix d’Unity 2D pour le projet Ubuntu TV et les besoins du projet Ubuntu for Android m’avaient clairement conforté dans mon analyse, et rendent d’autant plus surprenante la décision d’abandonner Unity 2D maintenant. [...]

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