Archive for the ‘Uncategorized’ Category

Zack 2.0

Wednesday, April 20th, 2011

Zack

C’est officiel depuis le 16 avril, Stefano Zacchiroli (Zack) vient d’être réélu Debian Project Leader. Sans surprise, car comme vous pourrez le constater à la vue des résultats, l’option 1 “Stefano Zacchiroli” était seulement concurrencée par l’option 2 “None Of The Above”, et ces deux options ne constituaient donc pas une réelle alternative.

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Le fait que Zack soit le seul candidat a provoqué un petit débat sur le caractère démocratique du vote, lui-même regrettant de ne pas avoir “d’adversaire”. Mais cela aurait-il été mieux  avec un “adversaire” fantoche, ayant le rôle pré-attribué du perdant de l’élection, comme caution démocratique ? En fait, nous sommes ici confrontés à un faux problème, lié à l’erreur très répandue d’établir l’unité entre démocratie et élections, quelque chose que l’on pourrait écrire :

démocratie = élections

alors que même sans chercher trop loin, et en utilisant le ou informatique, c’est-à-dire non exclusif, on peut proposer facilement le beaucoup plus riche :

démocratie = consensus ou élections ou manifestations ou insurrections

Zack, dont l’action comme DPL cette année a de toute évidence été grandement appréciée, a fait consensus sur son nom. Tout le monde le sait depuis la clôture de la période de candidature le 12 mars.

Sauf a faire du fétichisme du vote, on aurait pu apprécier la chance qu’une communauté aussi grande et diverse arrive à un consensus, et se baser sur cette dynamique pour commencer des actions utiles, plutôt que d’organiser un vote inutile et absurde.

Zack, dont les qualités aussi bien techniques qu’humaines sont reconnues de tous, a un an de plus pour mettre en œuvre son programme, et il est certain qu’avec l’expérience qu’il a maintenant, il sera encore meilleur que l’année dernière !

Éthique des Logiciels Libres

Tuesday, February 15th, 2011

Entre les représentants de Wikimédia France qui, au regard de leurs déclarations, semblent confondre licence Creative Commons BY-SA et licence Creative Commons BY (heureusement que l’avis de cette association n’engage pas celui de Wikimedia Foundation), un co-développeur de txt2tags qui voulait rediffuser sous licence BSD ce logiciel publié sous licence GNU GPL, ou encore Maître Eolas qui s’aventure sur des terrains juridiques qui lui sont inconnus, pour au final un médiocre non-raisonnement qui relève uniquement de la “foi” : il ne croit pas que les licences virales existent… Je ne peux que constater que les principes fondamentaux des logiciels libres, et en particulier le Copyleft, sont mal compris, y compris par des personnes qui prétendent les défendre.

Pour remédier à cela, voici l’Éthique des Logiciels Libres, une brochure dans laquelle j’ai réuni les traductions françaises des textes fondateurs des concepts du logiciel libre, écrits par Richard M. Stallman et Eben Moglen. J’espère en effet qu’une meilleure diffusion de ces textes permettra de combattre les incompréhensions actuelles.

De plus, je voudrais le dire clairement ici, oui les logiciels libres ont une motivation politique de transformation -et même de révolution- sociale. Si vous avez peur de passer pour un anarchiste, lisez L’anarchisme triomphant : le logiciel libre et la mort du copyright, si vous avez peur de passer pour un communiste, lisez  Le Manifeste du Point-Communiste, et vous verrez qu’Eben Moglen, lui, n’a pas peur (et pourtant il est américain, et pourtant il est avocat…). Si le simple fait d’être de gauche vous gêne, sachez que Jimmy Wales, le fondateur de Wikipédia, est un libertarien notoire, c’est-à-dire qu’il serait politiquement classifié en France comme d’extrême-droite.

Grâce à la différenciation sémantique que Jean-Fabien Spitz, spécialiste de Locke et du libéralisme politique, utilise pour expliquer les revirements de la jurisprudence sur la Liberté de la Cour suprême des États-Unis, on peut dire que les licences permissives honorent la Liberté, quand les licences à Copyleft la promeuvent. À titre personnel, tenant du volontarisme en politique, il y a bien longtemps que j’ai choisi de promouvoir la Liberté.

Unity, le point technique

Tuesday, February 1st, 2011

Après mon long article sur le support de Qt dans Ubuntu, je veux faire un court récapitulatif technique des différents Desktop Shell développés par Canonical. En effet, il y en a cinq au total, tous utilisant des technologies différentes, et il est donc relativement facile de s’emmêler les pinceaux et de ne plus savoir de quoi l’on parle.

Tableau récapitulatif des technologies utilisées :
Desktop ShellGraphismeGestionnaire de fenêtresLib. graphiquesLangagesDév. actifLicence
Netbook Remix Launcher3DMutterClutter + CluTKCNonGNU GPLv3
Netbook Launcher EFL2DMetacityEFL + GTKCNonGNU GPLv3
Unity v1 (branche 0.2)3DMutter
Clutter + CluTKC et ValaNon
GNU GPLv3
Unity v2 (branche 3.0)3DCompizNuxC++ et ValaOuiGNU GPLv3
Unity 2D2DMetacityQtC++ et QMLOuiGNU GPLv3

Le choix de la licence GNU GPLv3 est excellent et garantit que personne ne pourra rendre ces projets propriétaires, à l’exception notable de Canonical lui-même, puisque la signature d’une cession de droits d’auteur est nécessaire pour pouvoir y contribuer.

On ne peut que constater que Canonical n’a pas ménagé ses efforts en terme de recherche et développement. L’ensemble des technologies graphiques libres ont été évaluées et testées en pratique, et mises au service d’une volonté d’innovation ergonomique. Les choix faits par Canonical me semblent dès lors d’autant plus légitimes, car ce ne sont pas des actes gratuits faits juste pour troller, mais des conclusions objectives de mois de programmation et d’expérimentation.

Switch du C vers le C++

En fait, le plus remarquable est l’abandon du C en faveur du C++. On peut considérer que le choix technique du C, un langage de programmation non objet, pour faire des interfaces graphiques, par nature orientées objet, était le péché originel du bureau GNOME. Les bibliothèques passent du C (GTK, Clutter, CluTK et EFL) au C++ (Qt et Nux), tout comme le gestionnaire de fenêtres 3D qui passe de Mutter, écrit en C, à Compiz, qui vient d’être totalement réécrit en C++.

Enfin, d’autres technologies plus modernes font leur apparition, comme Vala, qui est le seul choix technique de Unity v1 conservé dans Unity v2, et QML, le nouveau langage déclaratif de description d’interfaces graphiques pour Qt. À titre personnel, l’idée d’utiliser QML m’est beaucoup plus sympathique que de programmer de l’OpenGL bas niveau avec Nux, et je suis donc vraiment séduit par Unity 2D.

Qt dans Ubuntu ! Des morts à venir ?

Thursday, January 20th, 2011

Cela bouge énormément au niveau du desktop de la distribution GNU/Linux orientée desktop la plus connue et la plus utilisée, j’ai nommé Ubuntu, bien sûr basée sur Debian. Et ce qui se passe pourrait transformer radicalement le paysage du logiciel libre pour le bureau de l’utilisateur final.

L’abandon de GNOME pour Unity, puis la volonté de s’émanciper à moyen terme de Xorg pour aller vers Wayland, étaient déjà des annonces retentissantes. Deux grandes nouvelles sont venues s’y ajouter en ce début d’année. Des annonces concernant l’un des plus grands trolls de l’histoire du logiciel libre, le grand combat des jeux de widgets Qt VS GTK.

En effet, en tant que distribution GNOME, Ubuntu avait l’ensemble de sa stack graphique basée sur GTK et les technologies dérivées. C’est Kubuntu, distribution KDE officiellement supportée, qui intégrait Qt. Or, dans les prochaines versions d’Ubuntu, cet équilibre qui semblait à la fois si stable et si évident va littéralement voler en éclats.

Unity 2D

Le 13 janvier c’est Bill Filler qui annonçait Unity 2D, un clone de l’interface Unity ne nécessitant pas d’accélération 3D et se basant sur Qt. La problématique est très importante, car Ubuntu ne peut se permettre avec son Unity 3D de tourner le dos aux machines du passé, qui peuvent ne pas avoir les capacités graphiques nécessaires mais continuent malgré tout de fonctionner, et surtout aux machines de l’avenir, qui seront de plus en plus basées sur des processeurs ARM et donc souvent dénuées de chip 3D ou de drivers libres.

Ce problème avait déjà été réglé par Canonical qui fournit depuis Ubuntu 10.04 une version 2D d’Ubuntu Netbook Edition. Cette dernière repose sur les EFL, pour Enlightenment Foundation Libraries, connues pour proposer de belles et rapides fonctionnalités graphiques sans accélération 3D. Je peux d’ailleurs témoigner de la qualité de l’ensemble, puisque c’est ce qu’utilise ma sœur sur son Toshiba AC100.

Une infidélité avec les EFL pour l’interface d’une distribution GNOME passe encore, mais avec Qt ! Ne manquait plus que les applications…

Applications Qt

Le 18 janvier c’est Mark Shuttleworth en personne qui annonçait que de la place sera réservée pour Qt sur le CD de Natty+1, c’est-à-dire Ubuntu 11.10, et que toute application se basant dessus se trouvait donc désormais en position d’intégrer Ubuntu. Des applications ne se trouveront donc plus exclues du simple fait de leur bibliothèque graphique, et la sélection ne se fera donc plus que sur leurs qualités intrinsèques. Présenté ainsi, cela paraît difficilement contestable du point de vue de l’ingénierie logicielle.

En fait c’est un secret de Polichinelle que GTK a toujours été techniquement inférieure, ou au moins en retard sur Qt. Qt qui de plus a toujours été parfaitement multiplateforme (X11, MacOS X et Windows), alors que GTK a mis du temps à fonctionner sous Windows et n’a jamais supporté MacOS X en natif. Qt qui est basée sur C++, alors que GTK est basée sur C, avec un modèle objet parfait pour un programmeur assembleur, mais peu convainquant pour un programmeur Eiffel. Pour un programmeur Python, le fait de ne pas pouvoir faire d’héritage multiple est une limitation qui parle, encore plus quand on lui ajoute l’argumentaire “it’s not a bug, it’s a feature”.

Alors pourquoi tant de développeurs du libre, y compris moi, utilisent-ils GTK plutôt que Qt ? La raison qui a poussé à l’adoption de GTK a été d’abord l’éthique, puisque Qt n’était pas libre. Ensuite, la nature multiplateforme de Qt qui fournissait bien plus de technologies qu’un simple toolkit graphique a plutôt joué en sa défaveur, alors que GTK s’intégrait beaucoup mieux avec les autres technologies libres développées pour Linux, ce qui l’a fait peu ou prou apparaître comme la bibliothèque graphique native de ce système.

Pourquoi Qt maintenant ?

Oui mais voilà, Canonical veut faire des choix radicaux et forts motivés par l’excellence technique. Il  faut bien reconnaître qu’une distribution Linux desktop qui envisage sans frémir d’abandonner X11, et presque 30 années d’histoire de l’affichage graphique pour Unix, peut bien changer de toolkit.

QML, un langage déclaratif de description d’interface graphique proche de JavaFX, c’est-à-dire avec une syntaxe qui N’est PAS du XML mais du JavaScript et de nombreuses fonctionnalités graphiques modernes comme les animations, est l’argument technique majeur avancé. Ainsi toute l’interface d’Unity 2D est-elle écrite en QML.

Le fait qu’une grande entreprise aussi riche que Nokia mette toute sa puissance, et ses nombreux développeurs payés à plein temps, derrière Qt qu’elle a racheté en 2008 pour plus de 100 millions d’euros, est aussi un élément qui doit beaucoup peser du côté de Canonical.

To the good folks at Trolltech, now Nokia, who have made Qt a great toolkit – thank you.

L’ergonomie en question

Je ne peux que constater depuis des années la piètre qualité de l’ergonomie générale (cohérence de l’interface, consistance des actions, stabilité entre les versions, design, etc.) des principaux bureaux libres que sont GNOME et KDE, à tel point que bien que plus fonctionnels, je les considère toujours comme inférieurs à Window Maker, un clone de NeXTSTEP, l’ancêtre de MacOS X.

La première explication de cette situation est le fait que les excellents développeurs que sont ceux du logiciel libre sont rarement aussi de bon ergonomes ou de bons designers (pour ceux ne se limitant pas volontairement à la CLI). La seconde explication est que le modèle décentralisé où chacun peut apporter ses idées et améliorer celles des autres, si efficace pour développer des logiciels toujours plus inventifs et innovants, ne l’est plus du tout quand il s’agit de créer une interface graphique cohérente.

Mark Shuttleworth s’est désigné volontaire pour jouer le rôle du salaud autoritaire fascisant que Steve Jobs tient avec succès chez Apple depuis toujours, et je pense qu’il a raison. Ainsi la première chose que j’ai remarqué en testant Unity, c’est que je ne pouvais pas mettre le dock à droite, ce qui en tant que droitier est réellement problématique pour moi. Ce bug dont au moins 20 autres personnes semblent déjà souffrir, a été marqué comme “wontfix” par Shuttleworth car il veut absolument que le dock soit proche du bouton Ubuntu ! C’est horrible, c’est nazi, mais ça se tient. Et personnellement, quand on voit le résultat global d’Unity, on est déjà bien loin devant GNOME et KDE en terme d’ergonomie (j’y reviendrai plus longuement dans un autre article).

Des morts à venir ?

Je pense que cet effort de réunir tous les meilleurs logiciels libres, quelles que soient leurs technologies, dans Ubuntu, va inéluctablement amener à la disparition de ses dérivés officiels Kubuntu et Xubuntu (basé sur Xfce).

Si l’on est conscient de la place prédominante qu’occupe aujourd’hui Ubuntu parmi les distributions orientées desktop, et si Shuttleworth réussit son coup avec Unity, on peut même légitimement se poser la question de la pérennité des projets GNOME et KDE.

GNOME me paraît le plus en danger, au moins au sens où on l’entend aujourd’hui comme bureau graphique, puisque Shuttleworth l’envisage plutôt comme l’ensemble des bibliothèques non-graphiques, et ose même un surréaliste :

Perhaps GNOME itself will embrace Qt

qui démontre sans équivoque le peu de crédit qu’il porte à GTK. De plus la prochaine version du bureau GNOME, nommée GNOME shell, utilisera Mutter et Clutter, qu’Unity a déjà abandonnés en faveur de Compiz et Nux (un nouveau toolkit graphique 100% OpenGL) car étant à la fois trop lents et trop buggés.

Et si le duo Compiz/Nux ne se montrait finalement pas à la hauteur… Unity 2D pourrait tout aussi bien se transformer en Unity 3D avec le prochain SceneGraph. Et comme en plus Qt est la première bibliothèque graphique à peu près portée sur Wayland

Mais il ne faut pas s’y tromper, adopter Qt ne semble pas du tout vouloir dire switcher vers KDE :

I’d draw a distinction between “Qt” and “KDE” in the obvious places.

Paradoxalement, l’adoption généralisée de son toolkit pourrait bien quand même marquer la fin de KDE, puisqu’un développeur censé voudra logiquement utiliser Qt, mais aucune dépendance particulière à KDE qui empêcherait l’intégration de son application dans Ubuntu.

Les licences Creative Commons valides en Belgique !

Sunday, December 5th, 2010

Un des grands contre-arguments présentés dans la désormais célèbre controverse Gallaire/Houellebecq, est l’évocation d’une éventuelle non-validité en droit français des licences Creative Commons. Argument péremptoire dont je n’ai d’ailleurs absolument jamais trouvé la moindre ébauche de justification juridique.

Voyons donc ce qu’en pensent nos voisins belges, dont le système judiciaire est si proche du nôtre, avec le jugement du 26 octobre 2010 du tribunal de Nivelles. L’affaire portait sur l’utilisation du morceau de musique Aabatchouk du groupe Lichodmapwa, fourni sous licence Creative Commons 2.5 BY-NC-ND, et librement téléchargeable sur le site dogmazic.net.

Les juges commencent par énumérer les obligations liées à la licence libre applicable en l’espèce :

Cette licence Creative Commons 2.5 autorise l’utilisation de leur musique moyennant le respect des conditions suivantes :

- indiquer la paternité de l’oeuvre
- ne pas en faire une utilisation commerciale
- ne pas créer d’oeuvres dérivées

Ce qui correspond aux trois clauses très clairement décrites par :

Puis ils continuent en constatant la violation de ces obligations :

En utilisant l’oeuvre des demandeurs sans leur autorisation préalable, la défenderesse a violé les conditions de cette licence, dont la validité est actuellement reconnue notamment par des tribunaux néerlandais, espagnols et même américains ( cfr. civ. Amsterdam (réf.) du 9.03.2006).

Au passage on apprend que les licences Creative Commons sont déjà reconnues aux Pays-Bas, en Espagne et aux États-Unis (des pays de non-droit bien connus  !). Puis les juges, se basant sur la doctrine, valident les licences Creative Commons en Belgique !

Le tribunal se réfère notamment au commentaire de doctrine de Me Ph. Laurent et confirme que la licence Creative Commons est valide et applicable au cas d’espèce.

Maintenant les remarques applicables à Flammarion, qui vont peut-être inciter son service juridique à plus de sérieux :

En sa qualité de professionnel de l’organisation de festivals, la défenderesse devait à tout le moins s’informer sur les conditions particulières de la licence.

Avec le coup de grâce :

La bonne foi de la défenderesse n’est pas élisive de la faute et la réparation est due.

L’incompétence ne constitue donc pas une excuse pour les juges ! Enfin on constatera avec plaisir que ces derniers ne font aucune confusion entre liberté et gratuité :

Sur le plan des principes, les demandeurs ont droit à une réparation de leur préjudice indépendamment d’une atteinte réelle et objective à leur marché et ce n’est pas parce que leur oeuvre est sous licence libre que le préjudice n’existe pas.

Au final, les juges ont condamné la défenderesse à verser 1 500 euros au groupe Lichodmapwa, et ce par clause non respectée de la licence Creative Commons, soit au total 4 500 euros, trois fois plus que la tarif SABAM (l’équivalent belge de la SACEM) en vigueur. Les licences libres, en plus, ça rapporte !

La carte et le territoire : le Goncourt 2010 sous licence Creative Commons !

Monday, November 8th, 2010

Pour une première c’est une première ! Le Prix Goncourt 2010, le plus prestigieux des prix littéraires francophones, a été décerné aujourd’hui à Michel Houellebecq pour La carte et le territoire. Or, depuis mon analyse du statut juridique de l’œuvre, nous savons qu’elle est sous une licence libre, en l’espèce sous licence Creative Commons BY-SA (Paternité-Partage des conditions initiales à l’identique).

Le Prix Goncourt 2010 est donc le premier grand prix littéraire à être décerné à une œuvre littéraire libre. Ou encore, La carte et le territoire est la première œuvre libre a recevoir un grand prix littéraire, a fortiori le Prix Goncourt.

Mise à jour du 1er décembre 2010 : Sans reconnaître aucun délit et en maintenant totalement la pertinence de mon analyse juridique, j’ai cependant accédé à la demande de Flammarion de retirer du site les liens permettant de télécharger l’œuvre. De plus j’ai fermé les commentaires, le débat publiquement lancé ici pouvant maintenant continuer ailleurs, où cela me demandera moins de travail de modération.

Txt2tags 2.6 est arrivé !

Friday, November 5th, 2010

Le voilà enfin, après plus de deux ans d’attente, txt2tags 2.6 est arrivé !

Txt2tags est un langage de markup, c’est-à-dire qu’il utilise une syntaxe non-obstrusive pour signifier les propriétés des éléments de texte, une syntaxe wiki en plus puissante. Mais à la différence des wiki qui ne génèrent que du HTML, txt2tags permet, à partir du même fichier source, de générer pas moins de 18 formats différents (appelés target) : HTML, XHTML, SGML, DocBook (NEW), LaTeX, Lout, Man page, Creole (NEW), Wikipedia / MediaWiki, Google Code Wiki, PmWiki (NEW), DokuWiki, MoinMoin, MagicPoint, PageMaker, AsciiDoc (NEW), ASCII Art (NEW) et Plain text.

J’ai commencé à m’investir dans txt2tags car je suis convaincu que le modèle de bureautique WYSIWYG actuel, promu par des usines à gaz mastodontiques, fussent-elles libres comme LibreOffice, est une véritable impasse. Par chance, les principaux logiciels intéressants dans ce domaine (txt2tags, docutils/ReST et AsciiDoc), sont écrits en Python, mon langage de programmation de prédilection.

Si j’ai choisi txt2tags c’est parce que c’était le code le plus simple à modifier pour faire les expérimentations qui m’intéressaient. Et puis Aurélio Jargas, le principal développeur, a ouvert son développement anciennement très solitaire/centralisé grâce au site Google Code. Il m’a donné les droits de commit SVN à la seconde où je l’ai contacté. Ce très bon feeling humain s’est poursuivi et a permis une collaboration technique, puisque si j’ai eu pas mal d’idées et que je les ai implémentées fonctionnelles et non buggées, Aurélio a fait un sacré travail derrière pour que l’intégration de mes modifications fassent moins “hack”.

Mon traditionnel et important point de juriste :-) : txt2tags est sous licence GNU GPLv2, qui est soumise à un Copyleft fort, ce qui garantit la liberté éternelle de mon travail. Bien qu’un relativement petit projet en terme de nombre de lignes de code, la communauté autour de txt2tags est grande et mondiale, et il est donc localisé dans plus d’une dizaine de langues (chaînes de caractères dans le code ET documentation) !

Beaucoup de nouvelles fonctionnalités dans cette version 2.6, dont ma nouvelle target ASCII Art sur laquelle je reviendrai plus en détail, mon set markItUp! pour une utilisation aisée sur le web, la possibilité d’inclure des tableaux de fichiers CSV externes, et un nom de domaine txt2tags.org, pour donner plus de visibilité au site web.

Je suis très heureux et très fier de pouvoir faire cette annonce, car cela fait pas loin de deux ans que je me suis engagé dans ce projet, et que cette release permet de rendre accessible au grand public ma première contribution significative aux logiciels libres !

Bug Flattr et WordPress

Wednesday, October 20th, 2010

Problème

Flattr était en carafe cette nuit… et donc mon blog WordPress ne marchait plus !

Une fois trouvée l’origine du problème, il était temps d’y remédier : j’allais donc logiquement désactiver le plugin Flattr de mon blog. Oui mais voilà, pour le désactiver encore fallait-il que j’ai accès à… mon blog ! puisque l’administration se fait par une interface web intégrée.

Ne pouvant donc appliquer cette méthode, je me connectais à mon serveur par SSH, à la recherche de l’option du fichier de configuration me permettant de désactiver un plugin. Option introuvable puisque n’existant pas, l’état d’activité d’un plugin étant en fait stocké dans la base de données MySQL du blog.

Solution

Il existe donc deux manières de s’en sortir :

  1. Le hack rapide et efficace : supprimer le répertoire “flattr” du répertoire “wp-content/plugins” (ou plutôt le copier ailleurs).
  2. La méthode canonique : faire les requêtes adéquates dans la base de données du blog, ce qui est beaucoup plus compliqué, mais aussi beaucoup plus propre.

Bilan d’ingénierie logicielle

Le plugin de Flattr pour WordPress est merdique, car il n’est pas capable de vérifier ce qu’il faut pour ne pas bloquer un blog en cas de problème sur les serveurs de Flattr. Ceci n’est pas si grave, dans le sens où ce n’est qu’un plugin, et où les modifications nécessaires sont sûrement faciles à faire.

WordPress est mal conçu, car il ne permet pas de configurer simplement une chose aussi fondamentale que l’activation ou la désactivation d’un plugin. C’est beaucoup plus grave car WordPress est actuellement une plateforme structurante du web et l’un des plus importants logiciels libres.

La première chose à faire est d’arrêter de stocker tout et n’importe quoi dans des bases de données. Les base de données sont là pour stocker les contenus, et les fichiers de configurations en texte pur, quel qu’en soit le format, sont le seul endroit légitime où stocker les données de configuration.

C’est le concept même d’Unix, le texte comme garant de simplicité et d’interopérabilité. La mode récente d’utiliser SQLite pour la configuration d’applications est donc bien une hérésie. Pour WordPress cela signifie qu’il faudrait se réarchitecturer proprement sur ce point, ce qui est techniquement facile, mais pose des problèmes de compatibilité énormes.

Une autre solution intéressante pourrait être d’avoir une interface de configuration de secours très minimaliste, moins intégrée dans le reste du blog, mais beaucoup plus résistante à toutes sortes de bugs collatéraux !

Boot sur clé USB

Tuesday, October 12th, 2010

Comme la majorité des utilisateurs de distributions GNU/Linux, j’utilise aujourd’hui la possibilité d’installer mon système directement d’une clé USB bootable. Cela est très avantageux par rapport à l’ancienne méthode standard, qui consiste à graver un CD, puisque cela dispense d’avoir un graveur, de payer des CDs, et surtout depuis trois ans et la déferlante des Netbooks, beaucoup de machines n’ont tout simplement plus de lecteur optique.

Tips Ubuntu 10.10

Or, pour l’iso de la dernière version d’Ubuntu, Maverick Meerkat, quand vous créez la clé USB bootable avec usb-creator, vous obtenez par la suite le magnifique message :

SYSLINUX 3.63 Debian-2008-07-15 EBIOS Copyright (C) 1994-2008 H. Peter Anvin
Unknown keyword in configuration file.
boot:

En fait, le problème est que les anciennes versions d’usb-creator ne sont pas compatibles avec la nouvelle iso Ubuntu. Il existe trois manières de régler le problème :

  1. Faire une upgrade de votre Ubuntu à Maverick Meerkat.
  2. Installer le .deb de la dernière version d’usb-creator.
  3. Plus simplement, éditer le fichier “syslinux/syslinux.cfg” de votre clé USB, et à la dernière ligne, remplacer “ui gfxboot bootlogo” par “gfxboot bootlogo”.

Tout cela m’amène à faire un point global de la situation de ce type d’installation pour les différentes distributions GNU/Linux que j’utilise.

Ancienne méthode

En plus des traditionnelles images en “.iso” pour graver un CD, Arch Linux jusqu’à son installeur 2009.08, et Ubuntu jusqu’à la version 9.04 de son édition pour netbook, ont fourni des images en “.img”. Avec la simple commande :

sudo dd if=image.img of=/dev/sdX

on obtenait immédiatement une clé USB bootable. Cette méthode rapide et efficace présentait deux petits inconveignants :

  1. Elle nécessite de fournir deux fois plus d’images différentes de la distribution, les “.img” en plus des “.iso”, ce qui vu le nombre d’images déjà important d’une distribution GNU/Linux (différentes architectures, différents modes d’installation, etc.), peut finir par amener une certaine confusion.
  2. Elle formate toute la clé USB, empêchant de continuer à l’utiliser aussi comme périphérique de stockage.

Nouvelles méthodes

C’est pour cela que de nouvelles méthodes ont été développées. Arch Linux propose depuis son installeur 2010.05 des images “.iso” hybrides, générées grâce au programme isohybrid. Ces dernières sont utilisables directement aussi bien pour graver un CD que pour créer une clé USB bootable. Cela règle parfaitement le premier problème, mais pas le second.

C’est pour cela que depuis sa version 8.10, Ubuntu fournit le programme usb-creator évoqué ci-avant, qui copie les fichiers nécessaires de l’iso Ubuntu sur la clé et la rend bootable, mais sans la formater et en préservant la possibilité de l’utiliser comme périphérique de stockage.

Et chez Debian ?

La situation chez Debian était jusqu’à présent très problématique, puisque l’installation d’une clé USB était beaucoup plus complexe que les autres installations, et de plus très mal documentée. C’est le 9 septembre 2010 que Tanguy Ortolo lève ce lièvre dans son mail Complicated installation from USB, et comme souvent chez Debian en ce moment c’est Joey Hess qui s’y est collé, et qui dès le 13 septembre annonce avoir réussi à faire fonctionner le debian installer avec isohybrid.

Le 1er octobre, Joey Hess publie sur son blog Debian USB install from hybrid iso, informant que toutes les netboot mini.iso des daily builds sont maintenant des iso hybrides. Cependant, les autres images Debian ne sont pas encore des iso hybrides à cause d’un problème avec jigdo. Or jigdo, pour Jigsaw Download, a été développé pour et par Debian, pour répondre au problème de la surcharge de la bande passante des serveurs lors des downloads des isos. Problème qui a été brillamment résolu depuis par BitTorrent. Il serait donc grand temps de dire “merci et au revoir” à jigdo, dont le développement a été arrêté et qui est en “maintenance mode”, et de générer au plus vite toutes les isos avec isohybrid.

Sintel mon amour

Monday, October 4th, 2010

Depuis le 30 septembre, Sintel, le dernier court métrage d’animation en 3D de la Fondation Blender, peut être librement vu en ligne ou téléchargé en différents formats et résolutions. De plus, vous ne risquez rien de la Hadopi, puisque Sintel est sous licence Creative Commons BY.

Sintel est le troisième court métrage de la Fondation Blender, après Elephants Dream en 2006 et Big Buck Bunny en 2008. Et disons le tout net, c’est de loin mon préféré ! Une héroïne aussi forte qu’Ellen Ripley, déambulant dans un monde proche de celui de Conan le Barbare à la recherche d’un dragon ressemblant à s’y méprendre à Nemrod, la recette de base est alléchante.

Quand en plus la réalisation fait des étincelles, le résultat est formidable. D’autant qu’en très peu de temps, on a le droit à une vraie belle histoire, avec une vraie surprise et un vrai questionnement philosophique. Moins de 13 minutes qui passent vraiment beaucoup trop vite. Si vite qu’on se dépêche de revoir le film, et qu’à chaque fois on l’apprécie encore plus, ayant le temps de profiter de la beauté des détails qui nous avaient échappé.

Ce grand résultat artistique graphique et d’animation a été authentiquement obtenu grâce à un pipeline de production complet composé exclusivement de logiciels libres (la bande-sonore a elle été sous-traitée et ne rentre pas dans ce cadre). Si vous êtes artiste, vous pouvez télécharger et utiliser ces logiciels gratuitement. Si vous êtes développeur, vous pouvez en plus les améliorer selon vos besoins, ou ceux d’autres utilisateurs.

LogicielLangageLicence
BlenderC, C++ et PythonGPL
GIMPCGPL (application)
LGPL (librairies)
InkscapeC++GPL (application)
LGPL (librairies)
MyPaintPython (application)
Python et C++ (librairies)
GPL (application et librairies)
LGPL (brushlib)
AlchemyJavaGPL

J’aimerais ici lancer un appel particulier en direction des écoles de graphisme/animation/3D, qui au lieu d’obliger leurs élèves à utiliser des logiciels propriétaires piratés, pourraient commencer à regarder enfin du côté des logiciels libres. Il est un fait qu’après plusieurs années, et des milliers d’heures d’utilisation d’un logiciel, il est très difficile d’en changer par la suite, et il serait donc beaucoup plus intelligent de faire les bons choix dès le début.

De plus, pour ce qui est d’apprendre, Sintel fait encore plus fort, car ce n’est pas seulement le film en tant que produit final qui est sous licence Creative Commons BY, c’est aussi le cas de l’ensemble des fichiers .blend, des modèles 3D et des textures créés pour l’occasion ! Ainsi vous pouvez modifier et redistribuer, y compris commercialement, toutes ces données qui sont fournies sur le DVD. La seule condition est de respecter la clause de Paternité, puisque cette licence N‘utilise PAS le Copyleft :

En l’espèce, la manière indiquée par l’auteur original est la suivante :

The attribution is:

a) If you redistribute or screen or broadcast the movie itself: include the entire credits scroll.

b) In all other cases, attribute it as:

(c) copyright Blender Foundation | durian.blender.org

En français cela veut dire que si l’on diffuse le film, il faut aller jusqu’au bout du générique de fin, qui donne crédit à l’ensemble des personnes ayant participé au projet, ainsi qu’aux sponsors et aux logiciels utilisés. Dans les autres cas, par exemple la publication d’une simple image du film, ou l’utilisation d’une texture ou d’un modèle dans un travail artistique dérivé, la mention “(c) copyright Blender Foundation | durian.blender.org” est suffisante.

J’espère avoir donné l’envie de voir Sintel à ceux qui ne l’avaient pas encore vu, et je suis convaincu que ce film donnera envie à beaucoup d’artistes d’utiliser des logiciels libres, et de mettre leurs travaux sous licences Creative Commons !